Les appareils photos numériques proposent presque toujours au moins deux formats de prise de vue : jpeg ou raw. Lequel utiliser ? Le premier de ces deux formats produit une image compressée et difficilement retouchable. Le second format ne subit aucune compression. A titre de comparaison, une image prise avec un Canon 300D en format jpeg pèse 4Mo environ contre 8Mo pour le fichier raw.

Le fichier raw est en fait la copie exacte des informations reçues par le capteur numérique. Toutes les corrections telles que la balance des blanc, la correction d’exposition, … y sont également stockées, mais indépendamment. C’est grâce à cela que le forma Raw est si “puissant”. Il est en effet possible d’agir sur ces informations en post-traitement : c’est presque comme si nous avions la possibilité de prendre la photo une seconde fois !

Ensuite le format Raw ne subit aucune compression. L’avantage ? Si on retouche la photo, on retouche une image non compressée. C’est seulement lors de l’enregistrement final qu’on utilisera une compression (jpeg par exemple). Si on retouche une image jpeg (qui a donc déjà été compressée une fois), il faudra bien l’enregistrer après avoir effectué toutes les modifications, et donc la recompresser ! D’où une dégradation de la qualité.

Tout d’abord voyons la différence de qualité de conversion d’un fichier Raw de deux logiciels : Canon Digital Photo Professional (DPP) et Adobe Camera Raw (inclus dans Photoshop CS2) :

A gauche, Adobe Camera Raw, à droite Canon DPP. Les deux logiciels ont été réglés sur les données de prise de vue. Clairement Adobe Camera Raw rend plus de détails et les couleurs sont plus “justes”.

A titre de comparaison, voici la même photo convertie directement sur l’appareil (Canon 300D) :

L’image jpeg du 300D est équivalente à l’image Raw convertie par DPP.

Un autre extrait : à gauche Camera Raw, à droite DPP

Clairement Camera Raw est meilleur (la façade de l’école est en réalité rose…)

Le même extrait directement converti en jpeg par le 300D :

L’image jpeg est meilleure que la conversion de DPP.

Un dernier test : le moiré. A gauche Camera Raw, à droite DPP :

Camera Raw s’en sort mieux c’est indéniable.

Nous avons vu qu’il existe des différences dans les conversions de fichiers Raw. Maintenant la question est, faut-il utiliser le format Raw ? La liste des avantages est la suivante :

  • Pas de compression
  • Retouche facile et puissante
  • Archivage de la photo originale, sans modification
  • Gestion des couleurs sur 16 bits

Cependant il existe aussi des désavantages :

  • Taille du fichier plus importante
  • Fichier plus lent à sauver sur la carte mémoire
  • Nécéssite un logiciel de lecture de fichiers Raw

Le format Raw n’est alors pas d’une grande utilité pour les personnes qui ne retouchent pas leurs photos. Cependant, dès qu’une retouche est nécessaire, ce format offre un confort inégalable. Voici un petit exemple simple qui met en évidence la puissance du format Raw :

En haut, le fichier Raw retouché au niveau de la balance des blancs (le mur est blanc en réalité). En bas, le fichier JPEG… difficile à retoucher…

Une autre caractéristique du format Raw est de pouvoir gérer les couleurs sur 16 bits (les couleurs générées par le capteur numérique sont codées sur 12 bits) et non pas sur “seulement” 8 bits comme le format jpeg. Cette différence est particulièrement handicapante lors du traitement noir et blanc. Pour mettre en évidence ce phénomène, nous allons simplement reprendre nos images Raw et jpeg, les convertir en niveaux de gris et augmenter le contraste. Bien sur l’image Raw et codée sur 12 bits soit 4096 niveaux de gris possibles alors que le fichier jpeg est codé sur 8 bits soit 256 niveaux de gris possibles. Le résultat : les dégradés ne sont pas aussi fins en jpeg qu’en raw…

En haut l’image Raw, en bas l’image jpeg…